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Principes
pour une refondation syndicale Sans redéfinir les bases de ce qu’est et à quoi sert un syndicat, ni élaborer une charte, nous voulons poser quatre points fondamentaux. Il faut selon nous refonder un syndicat étudiant qui soit : Le syndicalisme de lutte, c’est d’abord le refus de la cogestion, qui revient à gérer la pénurie budgétaire et la casse du service public du supérieur, donc à les cautionner. Nous sommes résolument contre le principe de faire des « propositions », qui émanent non des étudiants mais de l’organisation qui les élabore. Au contraire, un syndicat de lutte défend des revendications, qui peuvent être exprimées par les étudiants au cours d’Assemblées Générales, ou qui découlent de nos principes.Il est impératif de veiller de façon permanente à ne pas s’intégrer (ou même se rapprocher) à l’appareil d’Etat, ou à l’appareil administratif universitaire. De même, il est hors de question de participer à l’élaboration des plans gouvernementaux.Le syndicat de lutte, qui est un outil d’expression et d’action au service des étudiants et de leurs luttes, doit se battre avec les étudiants, et pas malgré eux comme le fait le « syndicalisme » d’accompagnement. Cela signifie d’une part l’indépendance financière. Le syndicat doit être indépendant financièrement, c’est-à-dire ne dépendre de personne d’autre que des étudiants (et des travailleurs qui peuvent nous soutenir). Cette indépendance n’est pas posée d’emblée et donc, parce qu’elle figurerait dans les statuts, acquise pour toujours. C’est au contraire un combat permanent. C’est à ce titre que la publication régulière d’un journal, en plus d’être un nécessaire travail d’information et de diffusion de nos analyses, est primordial. Les questions d’argent posent souvent des problèmes idéologiques à des militants. Il est pourtant loin d’être anodin que les étudiants disposent d’un réel outil indépendant. De plus, le sens naturel tend à ce qu’une organisation se rapproche – même insidieusement – de ses sources de financement. A n’être financés que par les étudiants, on est d’autant plus proche des étudiants. Et c’est ainsi que nous pourrons être en phase avec notre raison d’être.Mais le terme indépendant recouvre aussi l’indépendance syndicale. C’est d’abord l’indépendance vis-à-vis de tout groupe politique, philosophique ou religieux (notamment ceux que la charte d’Amiens appelle « les partis et les sectes »). Cela permet à tous les étudiants se reconnaissant dans la charte de se regrouper le plus largement possible, sans autre préalable. Pas besoin d’appartenir ou même de connaître certaines obédiences politiques pour avoir pleinement sa place dans le syndicat.L’indépendance syndicale, c’est aussi se tenir à l’écart d’une partie du débat politique (au sens de « politique-politicien ») : par exemple, un syndicat n’a pas à donner de consignes de vote aux élections (exceptées les élections universitaires ou professionnelles, à voir au cas par cas). * Unitaire. La situation actuelle du syndicalisme étudiant fait que d’une part, l’exigence unitaire est bien souvent oubliée pour favoriser des querelles de personnes et/ou de chapelle (conséquence de la décomposition), et d’autre part, les deux exigences unitaires (pour un syndicat digne de son nom) sont souvent confondues. Un syndicat unitaire doit d’une part chercher l’unité des structures. La division du syndicalisme en de nombreuses structures constitue un affaiblissement, donc des reculs en terme de rapport de force (donc de droits). Il est par exemple impensable qu’une scission intervienne sur une question annexe ou ponctuelle, ou sans avoir une perspective de rassemblement possible. Il faut travailler à l’unité des structures, afin que les étudiants disposent d’un syndicat plus fort. Cela doit se faire en posant dès le départ une plate-forme minimale, sur laquelle le syndicat doit se construire. Cela doit se faire aussi sur la base de bilans réguliers des prises de positions et des actions des autres syndicats étudiants.Cette volonté unitaire doit se concevoir au niveau étudiant et au niveau confédéral. Malgré ses spécificités qu’il ne faut pas artificiellement gommer, le syndicalisme étudiant doit travailler à son union avec le syndicalisme salarié, mais uniquement dans un cadre unifié et sur des bases syndicales tournées vers la lutte. Un syndicat unitaire doit d’autre part privilégier l’unité d’action. Ce principe est fondamental, et toute dérive allant dans le sens inverse compromettrait les forces du mouvement étudiant. L’unité d’action doit se chercher le plus largement possible, sur des bases syndicales claires (par exemple en terme de mot d’ordre). Il faut par contre veiller à ne pas tomber dans un travers « unitariste », qui consisterait à renoncer à un point essentiel pour faire un tract commun. Face à un problème important, il ne faut pas hésiter à présenter une plate-forme aux autres organisations afin d’envisager un travail commun. Des discussions sont possibles avec tous, mais nous ne devons jamais céder sur l’essentiel.Il faut se rappeler que l’unité des étudiants est difficilement dissociable de l’unité de leurs organisations. De même que nous devons contribuer à ce que les étudiants soient le plus grand nombre à être unis derrière des revendications claires, nous devons chercher l’unité la plus large de leurs organisations derrière ces mêmes revendications claires. Cela est vrai en ce qui concerne les organisations étudiantes, mais doit l’être aussi avec les syndicats de travailleurs (en particulier les syndicats de l’enseignement) et diverses organisations luttant dans le même sens que nous sur tel sujet donné.Tout cela doit s’accompagner d’une attitude vis-à-vis des organisations partenaires qui consiste à exprimer les divergences, dans le cadre d’un débat syndical argumenté. Le syndicat doit être
pleinement dirigé par les adhérents qui le constituent. Cela implique
que tous les adhérents sont totalement informés, d’où la nécessité d’une
lettre interne nationale au moins tous les mois, avec la possibilité permanente
pour chaque adhérent et chaque section de s’exprimer à tous les camarades.
Cela implique aussi que chaque adhérent reçoive une formation syndicale,
et tous les autres éléments permettant de comprendre les tenants et aboutissants
des prises de position du syndicat. Charte
de la Fédération Syndicale Etudiante Préambule (Syndicat Etudiant Unitaire et Laïque, 1996) Le syndicalisme étudiant tel que nous le connaissons est sénile. Ses seules poussées de fièvre sont celles, désormais, des intérêts « supérieurs » de sa direction. Les structures qui se sont formées en tête du combat de novembre-décembre 1995 (comités de grève, coordination nationale…) ont rejeté les organisations syndicales étudiantes institutionnelles, sans cependant douter de la nécessité d’une structure véritablement syndicale pour la lutte.C'est la raison pour laquelle le Syndicat Étudiant Unitaire et Laïque s'est formé et œuvre pour reconstruire le syndicalisme étudiant. Rebâtir
un véritable outil de lutte c'est se doter d'une organisation qui soit
: Syndicale : c’est-à-dire luttant fermement pour conserver les droits et en acquérir de nouveaux, pour assurer la coordination des étudiants, pour l’accroissement de leur mieux-être. Indépendante et laïque : c’est-à-dire soumise à aucun groupe, organisation ni institution, que ce soit au niveau financier, politique, philosophique ou religieux. Unitaire : c’est-à-dire visant à la réunification syndicale. Démocratique : c’est-à-dire refusant le fonctionnement pyramidal et la bureaucratie, et possédant dans ses statuts le droit permanent de tendance. Intègre : dans le sens où elle doit rester fidèle dans ses actes aux cadres et aux buts que ses militants se sont fixés. Cinq
principes auxquels on ne peut déroger : 1- On ne résout un problème qu’en empêchant qu’il ne se pose à nouveau. 2- C’est dans la résistance aux plans du gouvernement contraires à leur intérêt que les étudiants se sont regroupés et continueront de le faire. 3- Un syndicat ne peut à la fois élaborer les plans du gouvernement et les combattre. 4- Il faut se battre contre les syndicats de notables qui prétendent se substituer aux décisions des étudiants concernés. Et se battre contre le syndicalisme qui ne fonctionne que comme réseau d’élus – plus ou moins fantoches – comme le sont les syndicats étudiants « institutionnels » qui, dans les différents conseils, se contentent de gérer la pénurie budgétaire et ses conséquences, en accord avec les présidents. 5- Nous devons lier
notre combat et notre action à l’ensemble du syndicalisme salarié. Charte
de Grenoble (Union Nationale des
Etudiants de France, 1946) : Préambule Les représentants
des étudiants français, légalement réunis au Congrès national à Grenoble
le 24 avril 1946, conscients de la valeur historique de l’époque ; Où
l’Union française élabore la nouvelle déclaration des Droits de l’Homme
et du Citoyen ; Où s’édifie le Statut pacifique des Nations ;Où le monde
du travail et de la jeunesse dégage les bases d’une révolution économique
et sociale au service de l’homme ; Affirment leur volonté de participer
à l’effort unanime de reconstruction,Fidèles aux buts traditionnels poursuivis
par la jeunesse étudiante française lorsqu’elle était à la plus haute
conscience de sa mission,Fidèles à l’exemple des meilleurs d’entre eux,
morts dans la lutte du peuple français pour sa liberté,Constatant le caractère
périmé des institutions qui les régissent,Déclarent vouloir se placer,
comme ils l’ont fait si souvent au cours de notre Histoire, à l’avant-garde
de la jeunesse française, en définissant comme bases de leurs tâches et
de leurs revendications les principes suivants : Article 1 :
L’étudiant est un jeune travailleur intellectuel. Droits et devoirs
de l'étudiant en tant que jeune : Article 2 : En tant que jeune l’étudiant a droit à une prévoyance sociale particulière, dans les domaines physique, intellectuel et moral. Article 3 :
En tant que jeune l’étudiant a le devoir de s’intégrer à l’ensemble de
la jeunesse mondiale. Droits et devoirs
de l'étudiant en tant que travailleur : Article 4 : En tant que travailleur, l’étudiant a droit au travail et au repos dans les meilleures conditions et dans l’indépendance matérielle, tant personnelle que sociale, garanties par le libre exercice des droits syndicaux. Article 5 : En tant que travailleur, l’étudiant a le devoir d’acquérir la meilleure compétence technique. Article 7 : En tant qu’intellectuel, l’étudiant a le devoir :De définir, propager et défendre la vérité, ce qui implique le devoir de faire partager et progresser la culture et de dégager le sens de l’Histoire.De défendre la liberté contre toute oppression, ce qui, pour l’intellectuel, constitue la mission la plus sacrée. Charte
d'Amiens Le Congrès confédéral
d'Amiens confirme l'article 2, constitutif de la CGT : |